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Présentation de l’édition 2011

dix septième édition

jeudi 19 mai 2011

« Résonances Latines »


Terroir nomade et multiforme bien plus qu’identité, la latinité est une résonance capable d’entrer en vibration, depuis la source romaine et méditerranéenne, avec les harmoniques du monde entier (amérindiennes, caraïbes, africaines, arabes, juives…) pour créer une mélodie planétaire d’une fertilité culturelle jamais démentie, venant féconder en retour le berceau européen. La latinité, mémoire vibratoire de pans entiers de l’histoire de la diversité culturelle humaine, a su faire de multiples mariages d’amour et d’amitiés au-delà des séquelles traumatiques de l’histoire des conquêtes et des colonialismes. Elle a acquis dans ses périples une souplesse, une richesse polyphonique qui la rend capable de faire des propositions humanistes et fécondes pour résister à la déferlante de l’homogénéisation mondial. Nous aurons notamment la présence, au débat « Paroles en Acte », de ce fécond courant latino-américain du « Buen Vivir », qui propose par des expériences concrètes, un cheminement vers un monde où faire et être prendraient peu à peu le pas sur consommer et avoir, dans l’invention d’un véritable art d’être ensemble, curieusement apparenté à celui recherché par l’aventure théâtrale… Un « bien vivre » non pas opposé aux institutions, nécessaires à la société, mais résistant à l’institutionnalisme, fruit empoisonné d’une confiscation de l’organisme social par l’économisme et l’expertise technocratique, ainsi que l’écrivait le catalan-indien Raimon Panikkar dans son « Eloge du Simple » : « L’institutionnalisme apparaît lorsque l’institutionnalisation absorbe la vie d’une institution. (…) Une institution devrait être non seulement une organisation, mais également un organisme. (…) L’organisme fonctionne quand il y a de la vie. (…) L’organisation a besoin d’un cadre, l’organisme requiert un corps. (…) L’organisme a besoin d’une âme, d’une santé, c’est-à-dire de l’interaction harmonieuse de toutes les parties du tout. Un organisme est plus que la somme de ses composantes et aucun être ne peut être remplacé par un autre qui serait sa réplique exacte, car chacun est unique ». Bien sûr qu’Auteurs en Acte n’épuisera pas en 10 jours cette immensité des Résonances latines, mais cela sera pour le moins une mise en bouche fort appétissante...

Marcos Malavia & Muriel Roland
Directeurs de la Compagnie SourouS.