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Présentation de l’édition 2007

Écritures MILITANTES

mardi 12 mars 2013

« Les forces d’avenir sont des forces conspirantes »
Gaston Bachelard.

Nous tourner vers des écritures qui tentent de démasquer les faux postulats, de prendre position, c’est ce que nous avons souhaité pour notre édition 2007 du Festival Auteurs en Acte. Les « auteurs militants » nous tendent un miroir, tantôt grossissant par la fiction et l’imaginaire, tantôt amplifié par un cruel soulignement du réel, toujours stupéfiant de lucidité et de rage, jusque dans les éclats féroces d’un rire dont ils espèrent, et nous avec, qu’il aura la force de tomber en pluie corrosive sur le mur d’un monde toujours plus inhumain et absurde.
Le militant n’est pas le petit soldat « à la solde » d’un parti », d’une idéologie, d’une guerre.
Le militant ne « consomme » pas la réalité, ne la « reçoit » pas à travers la
marchandise télévisuelle, les schémas pré-formatés du tout « marchand » et autres écrans de la soi-disant modernité.
Une sentinelle se tient silencieusement sous ses paroles et sous ses actes. Oui, ce militant est avant tout une sentinelle : un guetteur en éveil, qui veut percevoir par ses sens, par son intelligence avant d’exprimer son avis.
Le militant-sentinelle sait qu’il n’est qu’une toute petite note en bas de la page des « grandes politiques » économiques, culturelles, sociales, mais quand même, il continue à crier, à hurler, à chuchoter dès qu’il perçoit la moindre prémisse de l’ombre d’une odeur suspecte.
C’est que le militant ne peut se résoudre à laisser le monde se faire, ni se défaire sans lui…
Il sait bien qu’il est vital que le vote ne remplace pas la palabre, ni l’isoloir la terrasse du café ou la place du marché, si l’on ne veut pas que l’Urne nécessaire de la démocratie ne devienne l’Urne funéraire de tous nos abandons.

C’est à ces écritures sentinelles que nous avons fait appel au travers de 21 rendez-vous (Alain l’Africain, Crocodile OPA, Positivement Vôtre, Jardinage Humain, Ex-Onomachina…). Notre festival veut donner voix à cette protestation militante, qui avec les « moyens du bord », et peut-être juste pour la « beauté du geste » et dans l’insolence solaire d’une langue incarnée, continue à croire au réveil des agneaux qui n’auraient pas encore repéré, sous les doux scintillements du développement et de la croissance infinie du meilleur des mondes, le Grand Méchant Loup mangeur d’hommes…

Marcos Malavia et Muriel Roland
directeurs de la Cie SourouS